L'Autre Fille

L'Autre Fille

Annie Ernaux

Nil

  • 21 janvier 2016

    secret de famille

    Comment gérer émotionnellement la mort de son enfant de 10 ans ? Les parents d’Annie ont fait le choix de refonder leur famille à l’identique, cachant au second enfant l’existence (et la mort) du premier.

    Dans sa lettre à sa soeur défunte, l’auteure nous parle de ses parents, de son rapport à eux. Un rapport forcément compliqué et silencieux.

    Une très belle lettre pour pardonner le secret de famille échappée un dimanche.

    L’image que je retiendrai :

    Celle du lit dans lequel dort Annie et dans lequel avait dormi sa soeur avant elle.

    Une citation :

    « Lutter contre la longue vie des morts. » (p.77)

    http://alexmotamots.wordpress.com/2016/01/11/lautre-fille-annie-ernaux


  • 31 mars 2011

    La collection Les affranchis propose aux auteurs d’écrire une lettre. Pas n’importe quelle lettre. Celle qu’ils n’ont jamais écrite.
    Annie Ernaux écrit à sœur aînée décédée à l’âge de 6 ans, avant sa naissance. Une sœur dont elle a appris par hasard l’existence. Annie Ernaux est âgée de 10 ans lorsqu'elle surprend une conversation un soir d’août 1950 entre sa mère et une cliente. Des mots pesants, lourds de conséquence qu’elle n’aurait pas dû entendre : A la fin, elle dit de toi "elle était plus gentille que celle-là". Celle-là, c'est moi. Et avec cette écriture sans mots inutiles, Annie Ernaux touche juste. Qu’y a-t-il derrière gentille ? Une sœur dont ses parents ne lui ont jamais parlé ni ouvertement ou à demi-mots. Le poids, la douleur de la maladie qui emporte un enfant ou celui de regarder la fille qui « remplace » l’autre. Sujets tabous pour ses parents. Alors, elle remonte le cours de l’histoire familiale, cherche à comprendre. L'auteure revisite son statut d'enfant d'unique et recolle les fragments des souvenirs.

    Annie Ernaux m’a touchée une fois de plus, j’ai tourné la dernière page la gorge serrée. Sans fioriture et avec des mots très justes, délicats, comme elle sait le faire si bien, elle nous fait cadeau d’une très belle lettre. Récit dont la sincérité, la teneur m’ont ébranlée…